Malouin d'abord, Breton ensuite... et Français s'il en reste

Malouin d’abord, Breton ensuite… et Français s’il en reste

Malouin d’abord, Breton ensuite…
et Français s’il en reste

Telle pourrait être la devise de cette ville fortifiée où la royauté et actes de pirateries se mêlent et s’entremêlent avec malice pour nous laisser un magnifique héritage. La ville est liée également au nom de grands hommes comme le moine gallois Mac Low, Chateaubriand, Jacques Cartier mais également Vauban ou bien encore Surcouf. Chacun y a laissé sa trace et se balader dans “intra” c’est un peu aller à la rencontre de leur fantôme. Cette ville est vraiment fascinante et lorsqu’on s’apprête à la quitter, on ne dit pas Kenavo mais à bientôt.

La richesse d’un passé

Saint-Malo doit son nom au moine gallois Mac Low qui, vers le VIe siècle, devint évêque d’Alet, berceau antique de la ville actuelle fondée au milieu du XIIe siècle sur un îlot rocheux voisin. Dès le XIIIe siècle, les Malouins firent des prises sur les navires ennemis. De 1395 à 1415, ils se donnent au Roi de France, Charles VI, qui leur accorde des franchises portuaires. À la fin du XVe siècle, Anne de Bretagne, par ses mariages successifs avec Charles VIII, puis Louis XII, annexa le Duché de Bretagne au Royaume de France.

On ne peut pas parler de l’histoire de Saint-Malo sans évoquer Vauban et Garangeau qui la transformèrent en l’agrandissant à 4 reprises jusqu’à 24 hectares. Grâce à ses navigateurs et ses marchands qui arment pour les Indes, la Chine, l’Afrique, les Amériques ; la prospérité de la cité est prodigieuse aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’est aussi une place forte qui protège la France des attaques des anglais. D’où la construction de nombreux forts sur des îlots autour de la ville.

Les combats de 1944 dévastent le port et détruisent l’Intra Muros à 80%. Si la reconstruction lui a restitué sa silhouette légendaire, Saint-Malo, cité historique et de fastes maritimes, se dote depuis des équipements indispensables à l’un des plus hauts lieux du tourisme de Bretagne et au premier port de sa côte nord. Le 26 octobre 1967, Saint-Malo intra-muros, Saint-Servan, Paramé et Rothéneuf fusionnent : c’est la naissance du Grand Saint-Malo et un nouveau départ pour la ville.

Mais la ville n’a pas abandonné son passé maritime. C’est donc en toute logique que Saint-Malo est le théâtre de nombreux grands événements, telle la Route du Rhum ou la Transat Québec / Saint-Malo, tous les quatre ans.

Pour la petite histoire, les bateaux de marchandises qui revenaient de leurs expéditions, rentraient directement dans Saint-Malo afin d’y être déchargés. Bien sûr cela attirait la convoitise de nombreux voleurs qui, la nuit, venaient piller les entrepôts. Afin d’y remédier, les commerçants lâchaient de gros chiens afin de protéger leurs stocks. Ces chiens portaient le nom de “chiens du gué”. Contrairement à maintenant, il ne faisait pas bon se promener la nuit dans Intra !

Ce qu’il faut visiter

Si la ville peut vous paraître petite, elle regorge de lieux, plus ou moins insolites, à visiter. Un incontournable à faire ce sont les remparts, la signature de la ville. Sur un circuit de 1 754 mètres, ils se divisent du point de vue de l’histoire de leur construction en 2 grandes périodes : l’enceinte primitive du Moyen Âge à la fin du XVIIe siècle et les accroissements réalisés de 1708 à 1744. Cette visite des remparts vous permet également d’avoir une vue imprenable sur la ville et ses alentours.

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Autre visite incontournable, le Château. Situé à l’entrée de la cité historique mais détaché de ses remparts, le château abrite l’Hôtel de Ville et le musée municipal. Son donjon s’appuie sur une portion de l’enceinte primitive. Par le musée on peut accéder aux tourelles de guet.

Avec la Tour Bidouane, ancienne poudrière en forme de fer à cheval qui remonte au XVe siècle, commence la partie la plus ancienne des remparts. De la plateforme supérieure se découvre l’un des plus beaux points de vue des remparts, de la Pointe de la Varde au Cap Fréhel avec sur l’arrière, la ville dominée par la flèche de la cathédrale.

Près de la Porte de Dinan, les remparts longent l’alignement dit des “maisons des corsaires” dont la plupart des façades ont été reconstruites à l’identique après 1944. Le célèbre Robert Surcouf a habité l’une d’entre elles.

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Vous pourrez également flâner, à marée basse, dans le Fort Royal, rebaptisé Fort National, l’un des petits bijoux construit par Vauban. Il fut construit en 1689 et est l’image même du passé militaire de la ville.

Entre Histoire et petites histoires flirtant avec les légendes, la ville regorge de détails au grè de votre balade dans les rues. N’hésitez donc pas à vous perdre dans ces ruelles et de quitter le flot des touristes.

Une escale gourmande

On ne peut quitter la ville sans avoir fait une pause gourmande et régaler ses papilles de ces quelques délices que la ville offre aux épicuriens de passage.

Pour les encas, un arrêt chez Sanchez pour y déguster les meilleures glaces de la ville. D’ailleurs, avec la queue qui s’étale sur, parfois, 50 mètres, on ne peut se tromper ! Mais si vous préférez vous pauser, ils proposent, dans leur salon de thé, des coupes glacées à déguster sur place. Seul souci, arriverez-vous à vous décider sur le parfum ? Autre encas, nous vous conseillons la viennoiserie de la boulangerie. Si vous n’aimez pas le beurre, passez votre chemin ! Fidèles à la tradition bretonne, leur pain au chocolat, croissant ou bien encore pain aux raisins regorgent de beurre mais juste ce qu’il faut pour qu’ils soient moelleux et fondants dans la bouche.

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Une halte dans le magasin Bordier s’impose ! Impossible de repartir de la ville sans avoir acheté une ou plusieurs plaquettes de son excellent beurre. À vous de choisir votre parfum ! Avec ce beurre impossible de rater vos recettes. D’ailleurs de nombreux chefs l’utilisent.

Pour déjeuner ou dîner, évitez la “galerie” de restaurants “incrustés” dans les remparts. Même s’ils paraissent typiques et le lieu original, inutile de vous dire qu’ici la cuisine est faite pour les touristes. Préférez vous engager dans les petites ruelles du côté des halles. Plus intimiste, de par leur décor que par leur cuisine, vous y découvrirez de petites pépites comme le Comptoir Breizh Café dont la renommée ne cesse de croître. C’est ici qu’il faut aller pour manger de bonnes galettes et de bonnes crêpes réalisées avec des produits locaux. Et pour finir, une petite douceur à la Maison du Pain pour parfaire cette délicieuse balade.

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