Sarah Hamon, voyage dans le monde du design • homme déco

Sarah Hamon, voyage dans le monde du design

Sarah Hamon, voyage dans le monde du design

Le monde du design fascine et fait rêver mais il peut être, aussi, déroutant et donner l’impression qu’il n’est compréhensible que pour un clan fermé d’initiés. Pour Sarah Hamon, CEO et fondatrice de S2H Communication, une agence internationale de Communication et Relations presse  spécialisée en décoration, design et architecture, ce monde n’est pas fermé, il n’est que l’expression visible des codes de notre société et donc en perpétuel mouvement. Elle nous ouvre les portes de ce monde dans un voyage initiatique entre le Vieux et le Nouveaux Continent où elle a posé ses bureaux depuis 2015.

Elle nous livre donc son savoir  au travers de son expérience qu’elle a puisée auprès de ses clients, des signatures et des références comme Lago, Maison Sarah Lavoine, Jean-Philippe Nuel ou encore Empreintes et Made in Design) ; aux USA sur tout le territoire avec WantedDesign (NYC), BAMO (SF), Corry Grosser and Associates (Pasadena), Atelier de Yavorsky (Miami).

En matière de design, qu’est-ce qui vous a attiré aux États-Unis pour avoir envie de monter votre structure de communication  là-bas ?
Je connaissais bien les USA car j’y ai voyagé toute ma vie avant de m’y installer en famille et d’ouvrir une seconde agence à Miami. Je me suis aperçue au cours de mes voyages que le design était une discipline qui se vivait très différemment des deux côtés de l’Atlantique. Ici, un mouvement très fort est né au début des années 2000, les fameux  « makers-entrepreneurs » qui sont nos artisans d’art si on peut dire, avec l’approche  business et marketing en plus. Ceux-là, répartis sur tout le territoire nord-américain sont  formés pour dessiner, produire et commercialiser de manière très professionnelle. On n’y pense pas à priori en visitant les USA, mais le geste et l’approche de la matière sont très forts ici.

Bien entendu c’est une production de niche réservée encore à une élite et surtout aux interior designers et décorateurs qui recherchent  l’unique et l’excellence. Le gros du marché de la déco, sinon , s’affiche plutôt dans des enseignes telles que West Elm, ou Crate & Barrel – qui font un travail formidable aussi  pour soutenir la production locale – et qui sont les équivalents d’Habitat je dirais. Cette  structuration différente du marché et la méconnaissance qu’on en a en Europe m’ont attirée particulièrement… J’avais envie d’apprendre, d’être surprise en découvrant des créateurs et des marques que je ne connaissais pas – il y en a tellement ! – et aussi je souhaitais répondre aux attentes de nos clients européens qui souhaitaient mettre un pied  sur ce marché.

« J’avais envie d’apprendre, d’être surprise en découvrant des créateurs et des marques… »

Vous  avez une agence aux États-Unis mais également en France, pensez-vous créer une passerelle de talents entre les deux pays ?
Oui bien entendu, c’est tout l’intérêt de la démarche ! Notre agence américaine représente  sur les USA et l’Amérique Latine, où nous avons beaucoup de contacts, nos clients européens qui souhaitent en effet investir ces marchés. De l’autre côté pour les clients américains, si l’Europe n’est pas en soit nécessairement un enjeu en termes de business – car les USA sont déjà si gigantesques – le fait de se faire connaître en France, en Italie, en Allemagne a beaucoup d’importance. C’est la caution culturelle du bon goût et du raffinement.

J’ai eu aussi la chance grâce à WantedDesign, un salon pour lequel nous travaillons à NYC de voir comme ces échanges peuvent être  dynamiques et bénéfiques. Dans le cadre d’un projet appelé Transatlantic Creative  Exchange, des designers américains ont pu travailler avec des grandes maisons françaises lors de workshops sur deux années consécutives. Au-delà d’un projet de design c’était un projet culturel fort porté par les services culturels de l’Ambassade de France à NYC et je suis fière d’en avoir assuré la promotion car cela a été un grand succès remarqué notamment par le NY Times.

En septembre, Maison & Objet est un salon incontournable. Allez-vous profiter de cette vitrine mondiale pour nous faire découvrir vos pépites américaines ?
Maison & Objet est un incroyable vivier de talents c’est vrai ! Et nos clients Français et européens y sont toujours représentés. Les américains viennent plutôt en Janvier – la session du meuble – pour visiter et exposer. L’année passée nous avons pu ainsi organiser plusieurs soirées avec nos clients belges (Arte), américains (BAMO et WantedDesign) et français réunis… C’est assez formidable que Paris soit le lieu de rendez-vous international pour le monde de la décoration.

En France, le design américain a du mal à s’implanter d’après vous pourquoi ?
Je pense que les marques et les designers souffrent surtout d’un manque de notoriété. En France on a du mal à comprendre comment fonctionne l’édition de design aux USA et pour cause c’est très différent ici. En Europe on identifie les designers car ils sont édités par des marques qui assurent la promotion de leur production. Aux USA les designers s’éditent et développent eux-mêmes auprès des professionnels leur notoriété sans passer par un éditeur – sauf pour Bernhardt Design qui est probablement la seule maison équivalente au modèle européen et un vrai leader ici aux USA.

Heureusement certains médias s’intéressent à cette génération de designers et les soutiennent en en parlant souvent, certaines galeries aussi exposent des pièces américaines et progressivement des noms se font reconnaître comme Lindsay Adelman par exemple ou Steve Haulenbeek. Mais cela prend du temps !

Quel serait, pour vous, le designer américain qui va être l’étoile montante de demain ?
C’est difficile d’en choisir un ! Plusieurs ont des parcours et des productions qui m’intéressent particulièrement. Je recite Steven Haulenbeek basé à Chicago – qui a été repéré sur WantedDesign en recevant leur prix il y a trois ans – dont le travail de la matière est vraiment unique. Christina Zamora de Brave Matter me touche beaucoup aussi, car elle utilise dans ses pièces des matériaux inattendus comme le sel rose par exemple, Je suis fan de Concrete Cat aussi et de Zak Profera le créateur de Zak+Fox.

www.s2hcommunication.com

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