Stéphane Plassier tisse son art

Stéphane Plassier tisse son art

Stéphane Plassier tisse son art

Ce designer touche à tout ne s’enferme pas dans un domaine lui permettant d’avoir cette grande liberté de penser et d’action. Mode ou décoration, il impose sa patte et insuffle une note artistique dans ses créations. Directeur artistique pour les Manufactures Catry, il édite le premier tapis d’artiste signé Enki Bilal. Portrait d’un homme aux multiples facettes qui revisite d’un coup de crayon tous les codes et qui nous ouvre les portes de ses univers.

Pendant longtemps, l’art et la décoration ne se mélangeaient pas. Or depuis quelque temps l’Art sort des cadres et investit nos intérieurs. D’après-vous pourquoi cet engouement ?
À mon sens c’est un juste retour des choses. Car, si on avait oublié ce mariage très intelligent, il a été une règle au XVIIe, on l’a retrouvé au XIXe puis le Bauhaus a enseigné ce projet qui est le mélange de l’Art et de la décoration.

Vous avez lancé, pour les Manufactures Catry, une collection de tapis issus des œuvres d’artistes reconnus comme Enki Bilal. Pensez-vous pousser le curseur en demandant à des artistes de créer une œuvre spécialement conçue pour les tapis et pourquoi pas en faire des éditions limitées ?
Alors, cela fait partie des projets, Enki Bilal était une première parce que c’était ma première intervention sur le tapis. Mais oui l’idée est d’interroger, qui plus est des artistes textiles, pour travailler sur cette surface qu’est le tapis. Et en particulier des artistes textiles comme Sheila hicks ou Annette Messager.

On parle aussi du graff, il sort des tableaux pour investir nos intérieurs. Est-ce que cela pourrait être aussi un projet par rapport à des tapis ?
Le Graff peut être un projet, d’ailleurs on voit que des gens comme L’Atlas ont des motifs qui sont tout à fait adaptables à des tapis. Après, l’idéal c’est de dire si on travaille avec ce type d’intervention d’artistes, peut-être qu’il peut y avoir une interaction ou des choses qui ne sont pas les mêmes chaque jour, une pièce que l’on peut enlever, que l’on peut rapporter pour apporter une forme de contemporanéité.

« Au début il n’y avait pas cette différenciation entre l’artiste et le designer. »

Parfois la frontière créative entre designer et artiste semble mince, voire même se rejoindre. Qu’en pensez-vous ?
Je pense qu’il y a un amalgame général, aujourd’hui, où l’on essaye de retrouver des cadres, des repères, des cases. La réalité est qu’au début il n’y avait pas cette différenciation entre l’artiste et le designer , c’est un peu le commerce et en particulier le commerce de l’Art qui a établi  ce distinguo, aujourdhui, cela ça fusionne fa nouveau, et c’est bien heureux.

Vous-même, vous êtes l’exemple de cette mince frontière. D’ailleurs vos créations, que cela soit les carreaux de ciment ou les bougeoirs en bronze, le démontrent. Avez-vous d’autres projets en cours ?
En fait je fourmille de projet, mais je manque un peu de temps pour les réaliser. Mais oui, j’ai un grand projet qui va voir le jour en 2019, qui va être précisément un travail sur les Arts Décoratifs qui inclura mon travail sur le mobilier, la bagagerie, les sols. Dans tous les registres, des pièces uniques vont se détacher de ce lot entre design, artisanat d’Art et arts plastiques.

Comment voyez-vous la décoration de demain ?
La décoration d’intérieur de demain sera très diversifiée. Parce que le genre intervient, on peut dire, par exemple, que je fais du mobilier pour l’homme. Parce que l’âge et la génération interviennent avec souvent des goûts communs mais des attentes de fonctionnalité différentes. Le mobilier « Chacunière », à  l’attention de tous, par exemple, comprend un option digitale en plus pour les jeunes générations. Enfin, parce que tout le monde est devenu un peu décorateur.  En effet, auparavant il y avait les professionnels puis, à travers l’explosion de la toile chacun est en mesure d’imaginer son décor. De la même manière que l’on s’habille le matin on fait désormais le choix d’habiller son intérieur, on mélange l’acquisition de pièces très emblématiques et des achats impulsifs… il y a une véritable intervention des gens sur leur univers.

Et donc l’art va tout à fait prendre sa place ?
Je pense que l’Art va d’autant plus prendre sa place que l’on pourra acheter une œuvre, une photo d’un artiste côté et la poser auprès d’une image qu on aura fait soit même sur son propre iPhone. La donne change énormément . On sacralise une certaine manière et on désacralise d’une l’autre. Cela met tout le monde au même niveau d’envie de faire.

 

www.stephaneplassier.com, www.lesmanufacturescatry.fr

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